Dans le cadre de formation continue à l’écriture de scénario Meditalents-PK Consultants, Emmanuelle Caquille a accepté de répondre à quelques questions sur elle, son expérience et son projet.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours jusqu’à présent ?

J’ai fait la FEMIS en production, il y a 25 ans. Puis j’ai dirigé des séries en tant que productrice exécutive mais je n’ai jamais eu ma boite de production à moi. Par la suite j’ai réellement tenu à faire des films donc je suis parti dans la réalisation. Maintenant je suis à la fois première assistante sur des films et à la fois je réalise des petites choses. Puis j’écris. J’ai toujours écrit à côté, avec des projets qui ont vu le jour en série notamment. Maintenant j’écris en format long métrages.

Pouvez-vous nous parler de votre projet ?

Mon projet, c’est un projet sur la femme et la question que pose ce film est : comment peut-on passer du statut de jeune fille à femme quand sa propre mère est soumise. La réponse étant qu’il faut que la mère elle-même devienne une femme pour que sa fille puisse acquérir ce statut de femme.

Comment avez-vous été amené à travailler sur ce projet de scénario ?

On écrit sur des choses qui sont très proche de soi. Je pense que c’est une question qui m’intéresse de par ce que j’ai vécu mais je l’ai transposé. Maintenant ça se passe dans une communauté que j’ai inventée. C’est une sorte de dystopie, elle est à la fois proche de nous et des communautés qui pourraient exister qui donnent une place particulière aux corps des femmes et à la virginité.

Que vous apporte en plus ce travail d’atelier ?

Cet atelier a été formidable. Au départ je pensais que j’écrivais une histoire uniquement sur la répétition mais dès le début François m’a dit qu’il y a une histoire d’amour. Par la suite, sur les trois semaines je me suis rendue compte que en effet c’est une histoire d’amour qui domine sur mon scénario. Et c’est cette histoire d’amour qui va permettre à l’héroïne de devenir une femme. J’ai découvert que sur la notion de femme libre, femme aimante, femme aimée il est difficile de se positionner en tant qu’individu. Pour nous les femmes c’est plus compliqué car nous sommes dans des sociétés extrêmement patriarcales, on a été bafouées dans notre individualité. Et c’est surtout quand il a pointé du doigt que c’est une histoire d’amour que l’atelier a pu m’aider, j’en étais convaincue mais je n’arrivais pas à la faire émerger.

Comment ce projet a-t-il évolué au fil des 3 ateliers d’écriture ? Comment se sont déroulées ces premières expériences ?

Au départ, je me suis sentie un peu malmenée parce qu’on arrive souvent avec des convictions et on tient à certaines chose. Mais on a eu deux intervenants formidables, qui étaient très bienveillants. Au cours de la formation on se rend compte qu’il y a des scènes sur lesquelles on ne reviendra jamais, sur lesquelles on était persuadé qu’elles étaient primordiales.

Je suis assez stupéfaite de la manière dont on est arrivé avec un projet et la façon dont il s’est transformé pour devenir plus structuré et limpide. Je repars avec une dramaturgie en place, ce qui est fondamental car quand on écrit on a tendance à glisser dans plusieurs directions. L’atelier est formidable pour repartir en étant cadré.

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